Alexandre Berthier Jean-Louis-Ebenézer Reynier
La réclamation fut inutile et ne put le rendre à des fonctions dont le repoussait Ronsin; mais elle eut du moins cet avantage qu'elle imposa silence à ses ennemis et fit cesser la persécution. Les démagogues disparurent peu à peu. Robespierre succomba; Ronsin, Momoro, Vincent, ne tardèrent pas à le suivre; les hommes modérés purent de nouveau prendre part aux affaires dont ils les avaient exclus. Berthier, qu'ils avaient si cruellement persécuté, fut nommé général de division le 13 juin 1795, et chef d'état-major des armées des Alpes et d'Italie. Il fit, en cette qualité, la campagne de l'an III, où Kellermann, aux prises avec tous les besoins, tous les dangers, triompha cependant avec une poignée de braves, et sauva la France d'une invasion. Berthier partagea ses sollicitudes, coopéra à ses travaux, dirigea ses reconnaissances, choisit, discuta ses lignes, prit en un mot, à la plus belle défense qu'on ait peut-être jamais faite, toute la part qu'un homme d'un coup d'œil aussi rapide et d'un patriotisme aussi sûr pouvait y prendre. Aussi Kellermann se plut-il souvent à payer à son chef d'état-major le tribut d'éloges que méritaient son habileté, sa bravoure. Il aimait surtout à rappeler l'héroïsme dont il avait fait preuve à la prise du Petit-Gibraltar. Mais une carrière plus vaste allait s'ouvrir, des succès plus éclatans devaient couronner nos armes, et entourer Berthier d'un lustre que ne pouvaient donner des rencontres de postes, une guerre de montagnes.
Chargé près du général Bonaparte des fonctions qu'il remplissait sous Kellermann, il franchit les Alpes avec son nouveau chef, prépara, disposa la victoire, et vit bientôt l'Italie, devant laquelle nous nous consumions depuis quatre ans, céder à ses efforts. Il se distingua par l'activité, la vigilance qu'il déploya à Montenotte, fit preuve d'audace à Mondovi, et accourant de Fombio à la nouvelle du désordre que la mort du général Laharpe avait répandu parmi ses troupes, il forme, rassure la division, marche aux Autrichiens, les culbute, et entre avec eux dans Casal.
L'armée se porta sur Lodi; mais Beaulieu était en bataille derrière l'Adda, trente pièces de position défendaient les approches du fleuve; il fallait emporter un pont étroit, prolongé, que les Autrichiens couvraient de feu et de mitraille. Nos colonnes néanmoins ne se laissent pas arrêter par les difficultés de l'entreprise; elles s'élancent, culbutent tout ce qu'elles trouvent sur leur passage, et arrivent à l'entrée de ce long espace sur lequel éclatent, se pressent les projectiles. La grandeur du péril leur impose; elles balancent, elles hésitent, elles peuvent céder à l'effroi; Berthier accourt réveiller leur courage. Masséna arrive sur ses pas; Cervoni, Dallemagne, Lannes, Dupas, se joignent à eux, les troupes s'ébranlent et le pont est emporté.
L'intrépidité dont le chef d'état-major avait fait preuve dans cette occasion difficile, lui valut les éloges de l'armée et ceux de son chef, qui manda au Directoire qu'il avait été dans cette journée canonnier, cavalier, grenadier. Ses services habituels, quoique moins éclatans, étaient peut-être plus méritoires encore. Chargé de transmettre les ordres, de surveiller des détails immenses, de suivre une correspondance étendue, il fallait encore qu'il ajoutât à ces fonctions déjà si vastes, celles des officiers qui lui manquaient. Dépourvu d'ingénieurs-géographes, privé d'hommes capables de faire un croquis, de lever un terrain, il était obligé de diriger lui-même les reconnaissances, d'explorer de sa personne le pays où l'on devait en venir aux mains. Cette tâche à laquelle tout autre eût succombé, ne fut qu'un jeu pour lui. Ordres de mouvemens, instructions, rapports, il trouva le moyen de faire face à tout. Ses soins et la victoire réorganisèrent peu à peu les services.
A ANGORA AUPRÈS DE MUSTAPHA KÉMAL
Alaeddine HaidarLe Bruenn, gros paquebot du Lloyd Triestino, lève l'ancre dans la Corne d'Or. Un beau soleil d'automne fait miroiter dans l'onde calme du port les reflets lumineux 2 que renvoient les dômes des mosquées de Stamboul... ce Stamboul à la silhouette encore si belle, mais hélas qui a tout à fait changé depuis que l'Angleterre y a mis son pied, depuis que ses monstres d'acier sont ancrés dans ce paisible Bosphore, dirigeant les gueules de leurs canons--prêts à vomir un déluge de fer et de feu--vers les fins minarets.
En mon for intérieur, pourtant, une joie indescriptible me réchauffe... c'est que je quitte un sol déjà étranger, pour une terre indépendante encore, où se livre la lutte désespérée d'un peuple qui veut son droit à la vie.
Le soir est presque venu lorsque nous perdons de vue, à l'horizon du couchant, l'entrée du Bosphore. La mer est calme et le Bruerm a pris la route du large se dirigeant vers Sinope. Pour vaincre la monotonie d'un voyage en mer, on a tôt fait connaissance de quelques passagers du bord et, à peine confortablement étendu dans le «rocking-chair», les conversations 3 s'engagent avec mes compagnons de traversée.
Quelques-uns des voyageurs se dirigeaient, ainsi que moi, vers Inéboli, d'où je devais me rendre, par terre et en voiture, à Angora; parmi eux, M. Corpi, directeur de la Banque ottomane, et quelques Turcs, se disant de gros négociants de cette ville.
Nous étions déjà bien au large lorsque l'un d'eux, se levant, nous proposa de nous faire faire connaissance avec un de ses amis. Il descendit dans sa cabine pour remonter bientôt, suivi d'un monsieur d'une cinquantaine d'années, qu'il nous présenta comme un commerçant en blé, Mouktalib bey. Mais, dès les premiers mots, j'eus lieu d'être intrigué. Ce simple négociant, qui parlait élégamment l'anglais et le français, connaissait tous les hommes politiques turcs. Après le dîner, nous nous retrouvons tous, de nouveau, sur le pont. Un clair de lune superbe argente les flots de la Mer Noire; vers la côte anatolienne une lumière brille, puis soudain s'efface; c'est le phare de Chilé 4 qui finit, lui aussi, par disparaître au loin. Il est tard lorsque je descends dans ma cabine, car, sur le pont, tous les passagers et passagères ont prolongé leur veille, retenus par le ravissant spectacle de la Mer Noire en pleine nuit, reflétant la longue traînée des lueurs argentées...
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