Australie : Des incendies aux effroyables conséquences
Des brasiers impossibles à maîtriser, des corps de kangourous ou de koalas calcinés, des milliers de personnes fuyant les flammes… Depuis le début de la saison des feux de brousse en octobre, l’Australie voit sa végétation partir en fumée. Une importante sécheresse, des températures dépassant les 40 °C et de fortes rafales de vent ont entraîné une série d’incendies d’une ampleur inédite. Et le phénomène pourrait bien durer jusqu’en mars (fin de l’été dans l’hémisphère sud). Plus de 110 000 kilomètres carrés ont été réduits en cendres – une superficie équivalente à un cinquième de la France métropolitaine – et 2 000 maisons détruites. Le 11 janvier, l’annonce du décès d’un cinquième soldat du feu portait à 28 le nombre de victimes.
Des espèces endémiques décimées
Sur les réseaux sociaux, les vidéos d’une pie imitant la sirène des pompiers ou d’un koala déshydraté sont devenues les symboles du drame qui se joue. Le ministère de l’Environnement australien a recommandé à chacun de les aider en mettant à leur disposition des bacs d’eau. La menace pour la biodiversité est d’autant plus grande que l’île compte une majorité d’espèces endémiques (uniques à ce pays). Or, des chercheurs de l’université de Sydney, la capitale de la Nouvelle-Galles du Sud, l’un des États les plus touchés, estiment que plus d’un milliard de mammifères, d’oiseaux et de reptiles auraient déjà péri depuis le début des incendies. « Beaucoup ont été tués directement par les flammes, expliquent-ils, tandis que les autres sont morts par la suite, faute de nourriture et d’abri, et en raison de la prédation des chats sauvages et des renards roux. » Au moins une dizaine d’années seront nécessaires pour que leur habitat se reconstitue. Et ce, si aucun incendie ne ravage à nouveau ces zones fragilisées.
Un tiers des Australiens exposés aux fumées
Les spécialistes de l’environnement ne sont pas les seuls à s’alarmer des conséquences que pourrait avoir à moyen et long termes cette catastrophe. Le sud-est du pays vit depuis des semaines dans les fumées toxiques dégagées par les feux de brousse. Canberra est même devenue la capitale la plus polluée au monde, affichant des niveaux de concentration de particules dangereux pour la santé. Le 9 janvier, le site du ministère des Affaires étrangères français précisait que Sydney et sa région proche connaissaient aussi « des épisodes de dégradation de la qualité de l’air sans précédent ». « Environ un tiers de la population australienne a été affectée par une exposition prolongée ou ponctuelle [à des fumées toxiques, ndlr], avec parfois des conséquences extrêmes sur la santé », a indiqué un chercheur de l’université de Tasmanie interrogé par la BBC. Les médecins constatent ainsi une recrudescence des maladies respiratoires et craignent que la pollution n’entraîne une surmortalité.
Des dégâts majeurs au coût colossal
Ces problèmes de santé auront forcément un impact économique. Lequel viendra s’ajouter au montant des destructions matérielles, qui promet d’être colossal. À l’issue de cette période estivale infernale pour les Australiens, de lourdes tâches les attendent. Il va leur falloir réparer l’ensemble des infrastructures détériorées (installations électriques, routes, etc.). L’État de Nouvelle-Galles du Sud a déjà annoncé qu’il consacrerait 1,2 milliard de dollars australiens (environ 740 million